Comment j’ai obtenu un ERC ?

Voilà 10 ans que le conseil européen de la recherche existe, et il propose des mécanismes indispensables pour financer la recherche européenne. En 2017, décrocher une ERC c’est quand même un des meilleur financement de la recherche publique ! Tout le monde le dit, et nos tutelles (CNRS, CEA, INSERM, Universités…) nous encourage fortement à déposer des projets ERC (voir les témoignages des lauréats sur erc.cnrs.fr). Alors oui c’est sur, ce sont aujourd’hui les bourses qui donnent le plus d’argent à un individu (et aux tutelles par ailleurs…) mais aussi les plus concurrentielles (<5% de réussite). Et c’est sûr qu’il faut y aller, surtout pour les jeunes chercheurs ! Dans le contexte de concurrence accrue pour obtenir des financements, je ne voulais pas trop raconter tout ce que l’ERC m’a apporté mais plus le comment j’ai obtenu un ERC Starting grant en 2016.

Genèse du projet – comment bien se positionner

Retour en 2011, je soutiens ma thèse et je pars aux US en post doc avec un financement DGA pour 1 an. Cette situation me permet de choisir le projet scientifique que je souhaite développer, et mon professeur américain me laisse poursuivre sous condition de démonstration d’une preuve de concept rapide. Après 3 mois, il me donne quartiers libres pour poursuivre, ce qui conduit à un brevet et une publication dans l’année, il reconduit mon contrat d’un an sur ses propres fonds. Mon directeur de labo en France me pousse à passer les concours CNRS sur le projet développé en post doc. Je ne suis pas pris en section 8 (ingénierie) en mars 2013. Retour aux US, mon prof me pousse à utiliser les technologies développées pour résoudre une question neuroscientifique… Je décide donc de changer mon projet scientifique pour la session de 2014, cela me laisse un an. Après de nombreuses rencontres (certaines pertinentes, comme F. Saudou, directeur de l’Institut des Neurosciences de Grenoble qui soutient l’utilisation des puces microfluidiques, d’autres désagréables- réticence à utiliser de nouvelles technologies) et des heures de bibliographie, j’élabore mon projet autour de microtechnologies disruptives pour créer des réseaux de neurones in-vitro. Je repars en France avec des résultats prometteurs mais pas encore publiés…

Au bon moment au bon endroit – Réunir les conditions adéquates pour être financé

Retour dans mon laboratoire, je passe le concours et classé dans les admissibles ! Le projet et sa faisabilité ont séduit, maintenant il faut m’en donner les moyens. Les dates de soumission collent, je profite de la rédaction du projet CNRS pour soumettre un projet plus détaillé à l’ERC Starting grant en 2014. Septembre 2014, retour négatif premier tour du projet ERC. J’analyse et retourne tous les commentaires des reviewers….

Directement, je réponds à quelques appels à projet, comme les projets PEPS-INSIS et PEPS-Comue UGA, que j’obtiens (fin 2014), ce qui me permets de relancer l’activité en France (installation de salles de culture dans un autre laboratoire, le LMGP, achat de consommables…) et de montrer que j’ai déjà eu des financements par moi-même. Nous decrochons aussi avec le GIN un financement de la Fondation pour la Recherche Médicale en tant que partenaire. Je continue de travailler sur les résultats de mon post doc et reprend une activité de recherche rapidement.

L’objectif étant de consolider ma position scientifique sur les réseaux de neurones en sortant ma deuxième publication de post doc et de commencer le projet soumis en embauchant un doctorant et un post-doctorant, ce qui montre ma capacité à embaucher et manager une équipe.

Objectif, resoumission rapide, 2015 va être trop difficile donc je me donne 2 ans pour obtenir des résultats significatifs, de nouvelles publications pour consolider mon dossier et surtout prendre en compte l’ensemble les remarques très pertinentes des reviewers pour murir le projet.

Maturité – s’entourer des bonnes personnes pour murir le projet

2015 avance et les résultats scientifiques tombent. Nous décidons de poser deux brevets. Nous consolidons les relations avec le GIN que nous rencontrons régulièrement pour présenter nos résultats technologiques et comprendre leurs problématiques « neuro ». L’appel à projet ERC-StG est annoncé pour novembre 2015. Je continue la bibliographie pour affiner à la fois mes connaissances scientifiques sur les enjeux du projet et le positionnement que je souhaite lui donner dans ma communauté. Début septembre, j’organise une réunion clé pour parler de mon projet. Je réunie ma petite équipe, des neuroscientifiques du GIN et des informaticiens de traitement du signal du GIPSA-lab. Ils ont bien compris l’exercice et questionnent durement le projet. Intense mais nécessaire. Je commence la rédaction.

Affiner la forme – s’appuyer sur les structures existantes pour se préparer

Il me reste un peu plus de deux mois pour soumettre les fameux B1 et B2. Une force à Grenoble, nous pouvons bénéficier de l’aide à la rédaction proposé par GIANT (T. David) et le service europe de la délégation Alpes. Je rencontre les différents intervenant. Je demande à une personne de confiance qui obtenu l’ERC l’année d’avant de bien vouloir me fournir son projet pour que je puisse m’inspirer de la forme. Mis bout a bout, j’ecris le projet, le GIN et le GISPA-lab m’aident à affiner quelques points et une fois terminé, j’envoie pour relecture à GIANT, à mon directeur d’équipe et à deux autres chercheurs que je connais bien. Les retours sont épuisants mais bénéfiques, surtout sur la forme : changement de « ton » avec accentuation sur ma capacité à mener le projet seul à bien, modifications drastiques des images pour gagner en clareté et montrer ma prise d’autonomie croissante. Plein de petits trucs et astuces sur la forme qui me permettent au final de rajouter de la crédibilité au projet et à son porteur.

Préparer l’avenir.

Le projet est soumis mais il ne faut pas s’en arrêter là. Si on passe le premier tour, il faut aller défendre le projet à Bruxelles et montrer qu’il s’est passé des choses entre temps ! Et ce « entre temps » est long, très long. 9 mois au total entre la soumission et la réponse définitive. En 2016, j’ai répondu à 12 appels à projet, je n’en ai eu qu’un seul. J’ai participé à de nombreuses conférences pour parler du projet et avoir des retours pour anticiper d’éventuelles questions lors de l’entretient. J’ai continué à publier autant que je peux et passer les brevets clés en phase PCT. Tout cela a été remarqué à l’oral. D’ailleurs sur l’oral, je suis ressorti vidé et assez déçu de moi. Après avoir recu les commentaires des reviewers, j’ai compris les questions posées.

Au final c’était toute une stratégie et le bon panel à trouver. Ce dont je me rends compte c’est que pour l’ERC, ce sont avant tout les idées scientifiques qui sont évaluées mais aussi le porteur en lui-même.

Allez y foncez pour la rédaction, ce ne sera jamais perdu et faites vous aider !

Dealing with you papers bibliography tools

So I have been using Jabref for a while and with poor portability and low compatibility with the most recent events version of Word, I have decided to siwtch to Mendeley.

  • If you still want to integrate Jabref and Word, I suggest you go to Docear4Word rather than unmaintained old-fashioned Bibtex4Word.
  • Mendeley tool to import bib file has GREATLY improved over the last year, no duplicate, all ref imported and most of all everything is in the right place. install the web importer and the word interface you are up to go.

Great job mendeley !